Tout d’abord, je vois sur ma ligne de RER des blazes comme GAP, Kojack, Rizot, Sun, Twist, Striko, Sea, TSO et bien d’autres… Je rencontrerai certains d’entre eux plus tard. Je vois aussi ce que je lis à travers les magazines spécialisés qu’on trouve dans les kiosques : Innercity, Graffbombz, Blazing. Aujourd’hui on n’en trouve plus, ils ont été remplacés par Instagram. J’ai vu Pirates, Dirty Handz, Second Life, Style Wars, Beat Street et La Guerre Souterraine… Puis j’ai voulu tout faire pareil.

À 13 ans j’ai donc commencé à graffer. Petit à petit j’ai fait des rencontres, certains m’apprendront l’importance de la qualité d’une pièce, d’autres qu’il faut tout marave comme Sheurpe, où qu’il faut péta son tosma comme Moka (RIP), et ainsi de suite… J’ai commencé sur des murs cachés pour m’entraîner, puis je suis parti à la conquête d’autres supports.

#1 Nemeto D’Or

Notre équipe, DPC, se constituait principalement de 1Toxe, Yaourt, Fauno, Wodka, et Kefa, ainsi que d’autres bons gars qui étaient là plus pour le rap et l’amitié. Ces années ont été très riches en épisodes, beaucoup de chourave et de découvertes, d’alcool et de fous-rires… De la peinture et du rap aussi. Aujourd’hui on est moins soudés qu’avant, en tout cas pour ma part. La majorité des membres de l’équipe se sont convertis au peura, d’où naît le collectif DPC, des gars qui rappent essentiellement pour eux-mêmes et pas à des fins commerciales. Pour la partie graffiti, ça continue avec des nouvelles recrues qui viennent rejoindre ceux qui n’ont pas lâché la peinture. Le dernier album DPC est sorti, Nemeto D’Or, c’est l’ancien nom de Nanterre.

#2 Graffiti en 2 temps

Je démarre, mais il se barre, aller-retour, et ça repart, coup de flash et c’est dans la poche, parfois avec des proches ou seul tout, merci Louis.

#3 Armée de flops

La ville est un champs de bataille. On se bat tous pour exister, trouver sa place parmi les autres, créer sa propre identité…

#4 No time to slip

Lundi 16h30, Kefa tunnel. 5 minutes train. Échelles sur place, rendez-vous meuf, son habitude. Ne pas tacher ses nouvelles sapes. En calbute sur les rails. J’ai beaucoup rigolé. Sur le point de finir, conducteur vu, partir. Ferro veski. Je me mets à la place du conducteur qui voit un mec presque nu dans un tunnel en train de graffer ; il faisait ça souvent, jusqu’au jour où il a posé une veste sur le rail et qu’après passage d’un RER on a retrouvé sa belle tenue sciée en deux de part et d’autre de la glissière… Mais bon il a repécho la même le lendemain !
Vous remarquerez Moka et Neac sur cette photo.

#5 Paris tonkar

Un jour avec Isko on se promenait, on voulait faire des throw-ups dans la street. On se retrouve à Opéra, le quartier est blindé de monde, on est chauds… C’est là qu’on trouve un carton de 3 mètres. On a pu faire des flops avec pleins de couleurs, des lights, des fonds, des effets. Cachés par le carton. C’est une expérience que nous réitérerons plus tard accompagnés de mes acolytes 13OR et Pitre vers Montmartre et dans le 18ème, à faire des pièces derrière un gros carton… pendant que des dizaines de voitures de keufs passent, mais ne s’aperçoivent de rien.

#6 La vie ne tient qu’à un fil

Un soir avec Ecilop, rendez-vous façade. La spécialité : peindre en rappel. Technique expérimentée dans le passé avec Ikarus. Suspendu à une corde au-dessus du vide, attention aux âmes sensibles !

#7 7FA7

Le vandale partie intégrante de mes chromosomes, vapeurs d’aérosol sur la couche d’ozone, on fait ça depuis môme donc peu importe si t’aimes (…) La qualité plutôt que la quantité j’ai tant d’idées mystère sur mon identité le travail tu peux pas le quantifier (…)
Rap by Osky

#8 INvasion Territoriale

Ça c’est mon côté Latino.
Nos origines font de nous qui nous sommes, la différence est une force, je ne sais plus qui dit ça mais c’est vrai.

#9 Jamais deux sans trois

Quelque part non loin de Saint-Lazare, une fine couche de peinture déposée sur un cylindre, près d’une gare. La première fois que j’y vais, je pose mon pied sur un Velux là-haut… il s’ouvre et je manque de passer au travers, mais retenu par mes bras j’ai pu terminer. La place paie d’enfer, mais elle se fait buff. Peut être à un de ces quatre pour le troisième round… Garde l’œil ouvert.

#10 Bruxelles tonkar #otezmoilesmenottesvp

Du-per dans BX menotté les bras en arrière, je me promène poignets cachés par un carton de pizza trouvé parterre. J’atterris sur un chemin de fer, seul, je tombe la tête la première, je trouve un cul de spray, j’essaie de guetta, mais je galère, la bombe est vide rien à faire. Je prends le train dans le mauvais sens puis reviens, finalement je retrouve mes compères, en sonnant avec mon nez au phone-inter, longue nuit de misère, sauvée par monseigneur.

#11 Télétravail

On part en équipe à Berlin pour peindre. Premier soir on fait des bottoms dans un spot au pif de manière improvisée, parce qu’on a la dalle et on s’en fout de tout vu qu’on est à Berlin.
Au bout d’un moment ça déboule et on court sur des rails qu’on ne connaît pas, on arrive à un pont de 4 ou 5 ou 6 mètres, on saute tous et là Taphe se pète la jambe.
Il a passé l’intégralité du séjour cloué au lit, la jambe plâtrée, dégoûté. Chaque jour on lui apportait des petits cadeaux, des bouteilles, des béquilles, etc. On lui a même fait des panels comme s’il était avec nous et on rentrait pour regarder les photos avec lui.

#12 Electric Relaxation

C’est en partie grâce à un magazine de graffiti que j’ai commencé à m’intéresser au délire. Les livres et les fanzines apportent quelque chose de plus que les réseaux sociaux et Internet. On l’a en main, pour regarder les photos de près il faut s’approcher, ça nous touche autrement… Je trouve que ça a beaucoup plus de valeur qu’une photo qu’on like pour ensuite passer à la suivante sur un écran.
C’est pourquoi je vous présente le premier volume du fanzine Thunder Control, avec photos et anecdotes à la clé ! Merci aux Editions Binks. Le mag est dispo ici. Bonne lecture !

Kasdedi aux INT, 7FA7, DPC, FLTZ et à tous mes potes… Photo-bonus pour conclure !